Afrique originelle

13 janvier 2017

Afrique originelle

En plein cœur des grandes plaines de l’est de l’Afrique, les ancêtres de nos ancêtres sont descendus des arbres, ont appris à se tenir debout, à façonner des outils, puis sont partis à la conquête du monde. Un voyage en Tanzanie est en quelque sorte un retour aux sources.

En sillonnant les pistes poussiéreuses de la savane, le voyageur explore une nature originelle et rencontre des peuples qui perpétuent les traditions millénaires de notre espèce.

La savane

Carl Joncas, 55 ans, revient tout juste d’un safari en Tanzanie avec sa conjointe. Tout d’abord sceptique, cet amateur d’animaux a été tout simplement renversé par l’incroyable diversité qu’il a eu la chance d’observer. Seulement accompagné d’un guide talentueux, le couple a passé plus d’une semaine au cœur de la savane. Il revient d’ailleurs avec des milliers de photos de tous les animaux qu’il a eu la chance d’approcher.

«On a entièrement décroché! Tellement que j’avais pratiquement oublié que j’avais une vie au Québec», blague M. Joncas.

Pour lui, la Tanzanie est un pays où prime l’authenticité. Dans les herbes de la savane, la vie côtoie la mort sans artifice, directement dans la poussière. Il a d’ailleurs été témoin d’une sanglante curée durant laquelle une troupe d’une vingtaine de lions venant de faire bonne chasse est passée à table. Les mâles d’abord, à commencer par le grand dominant, ont croqué dans la chair rouge. Les femelles se sont ensuite régalées avec les petits. Recouverts de sang, les animaux, extatiques, se bourraient la face à en avoir le souffle coupé.

Il va sans dire que devant ce spectacle cruellement magnifique, Carl Joncas et sa compagne ont également eu le souffle court.

Un autre souvenir cher à M. Joncas est la rencontre d’un couple de lions en pleine période de rut. «Le guide nous décrivait toutes les étapes de la reproduction», détaille-t-il. Et, comme pour ajouter aux explications, les félins s’exécutaient, à quelques mètres du couple ébahi.

Un peuple exceptionnel

Bien sûr, la réalité du peuple tanzanien est à des années-lumière de la nôtre. Beaucoup de voyageurs reviennent bouleversés après avoir fait en quelques jours des rencontres qui vont les marquer pour le reste de leur vie.

Arthur Désilet-Paquet, un étudiant qui a bourlingué plusieurs mois aux quatre coins du continent africain, garde une multitude de souvenirs poignants du peuple tanzanien, toujours accueillant.

Il se souvient en particulier d’un modeste musée en territoire maasaï qui ne contenait qu’une poignée d’artéfacts : de vieilles lances, des casseroles et des boucliers. Une visite sans histoire, si ce n’est des deux vieillards presque centenaires qui gardaient les lieux. Une fois dans leurs mains, les armes et autres objets du musée ont repris vie.

Armés d’antiques lames émoussées et protégés de leurs imposants boucliers, les frêles ancêtres se sont animés, brisant la barrière de la langue en mimant leurs exploits passés. Leurs yeux brillaient tandis qu’ils racontaient leur histoire, submergés du souvenir indélébile de leurs plus belles chasses au lion et des centaines de soirées près du feu, abrités par la Voie lactée.

Tout comme Carl Joncas, Arthur et sa copine ont ensuite troqué la poussière du Serengeti pour le sable immaculé de l’île de Zanzibar. Avec ses plages et sa cuisine exceptionnelles, l’île mystérieuse, à l’histoire riche et troublée, offre un repos bien mérité aux voyageurs éreintés.

À la découverte de soi-même

L’Afrique est un continent dont la découverte demande un effort. La beauté de la Tanzanie, par exemple, ne peut être comprise que couvert de poussière au retour d’une bonne journée de safari. C’est donc dans les pistes sillonnant la savane, auprès des plus fascinants animaux du globe, que ce pays et son continent se révèlent aux voyageurs en quête d’aventure.

Chaque coin du majestueux paysage procure aux voyageurs une myriade d’émotions qu’ils peuvent décanter en ponctuant ces péripéties de répits dans le cadre paradisiaque de stations balnéaires exceptionnelles.